A une autre échelle, notre Meetic national affiche néanmoins le même dynamisme économique et le même succès au public. Rentré dans les esprits et dans le folklore comme LE lieu de rencontre des citadins branchés contemporains en manque d'affection, Meetic assure actuellement de très bons revenus à ses fondateurs (société fondée en 2002). Première société de rencontre en ligne en Europe (15 pays) et deuxième au niveau mondial, Meetic revendiquait début 2007 quelques 28 millions de membres, un CA de 78 millions d'euro par an et une capitalisation boursière de plus de 400 millions d'euro.

On ne cesse pas de s'étonner sur les performances ahurissantes de ces entreprises. Sans moyens techniques particulièrement onéreux (quoique Google détient le plus grand cluster de serveurs au monde), elles investissent essentiellement dans les Hommes qui y travaillent. Leur domaine d'évolution : le monde virtuel. La matière grise en est la principale ressource économique et peut être la seule.

Mais que vendent-ils au fond ces géants du virtuel pour gagner autant d'argent (bien réel lui) ? Un moteur de recherche ? Des clicks ? Des désirs de rencontrer l'âme sœur ? Des enchères dématérialisées ? Tout paraît d'un coup irréel, presque superflu. La réponse est simple : ils vendent des services virtuels et surtout à des consommateurs particuliers. Le service virtuel ce n'est pas cher de l'unité et ça se vend comme des petits pains. Et le nombre de particuliers connectés à l'internet ne cesse pas croître à travers le monde. Ce n'est pas pour demain une baisse dans ce domaine…

Même si des sites commencent à proposer des services virtuels qui s'adressent au secteur B2B, leur pénétration commerciale est décidemment moins importante. Le secteur B2B s'est surtout développé sous l'influence des e-administrations et ses premiers pas ont été faits dans le domaine des appels d'offres en ligne sous la pression des normes de transparence dans la passation des marchés publics. L'internet unit depuis longtemps entreprises fournisseurs et entreprises clients, administrations et entreprises, certes, mais le premier contact, le démarchage du prospect ne provient essentiellement pas du virtuel dans le B2B ou dans le A2B. Ce n'est que récemment que l'internet B2B commence à s'orienter et croître dans la sphère B2B virtuelle à 100 %. En guise d'exemple : le récent rapprochement entre Cap Gemini et Google visant l'extension des applications et des services de ce dernier aux clients corporate du premier. Plus de détails ici : http://www.01net.com/editorial/358819/cap-gemini-va-proposer-la-suite-bureautique-en-ligne-de-google/

Une chose est claire : les entreprises qui proposent des services en ligne sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus profitables. Mais quand on regarde de près la consistance de leurs services, on est surpris par leur relative manque de consistance, par leur… virtualité. Il nous paraît ainsi intéressant de disséquer le service virtuel pour poursuivre notre quête du Graal qui fait monter la mayonnaise virtuelle (et boursier, of course, pourquoi pas ?!).

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