Alors, qu'y a-t-il de vrai ou de faux, de superflu ou de consistant dans les services virtuels qui font la fortune des (jeunes) fondateurs de Google, Yahoo et autres Lastminute.com ? Prenons l'exemple d'Ebay. Le service virtuel en question c'est finalement la mise à disposition d'internautes d'un endroit virtuel, muni de règles (assez) complètes, pour mettre en vente et respectivement enchérir des objets. Ebay n'est pas dans la transaction en soi, mais à peine au croisement des destinées de ses vendeurs et acheteurs. Ebay régule dans un univers virtuel des échanges autrement bien réels. Si jamais une vente se passe mal, Ebay propose une assurance contre cela et peut prendre des sanctions virtuelles contre les fautifs (exclusion du site par exemple), mais n'endossera jamais une responsabilité semblable à celle d'un huissier coupable de mettre en vente un faux Picasso suite à une expertise bâclée. Ebay est tout autant responsable de la suite des échanges de ses internautes que Meetic du divorce ou des trois enfants des trentenaires branchés qui y ont fait connaissance il y a cinq ans.

Je tire une conclusion alors : les fournisseurs de services virtuels, ça fuit la responsabilité réelle. C'est peut être congénital et inhérent à l'internet ou parfaitement intentionné, mais il est clair que ces entreprises bâtissent leur business model sur une forme allégée de responsabilité professionnelle et contractuelle. Et ça n'est pas trop mal pour elles, car offrir un service avec minimum de responsabilité sonnante et trébuchante c'est d'oublier le plus grand risque de tout commerçant, celui provenant de son obligation légale à assurer un service dans les règles du métier. C'est un peu comme si vous étiez Peugeot et vous vendiez vos véhicules sans aucune garantie, ni de fonctionnement, ni de sécurité. Génial non ? Et (quasiment) tout bénéf surtout !

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